Poèmes publiés aujourd'hui: 1001

mercredi 26 juillet 2017

Conte: Les fileuses d'or (Partie X)

CONTE: LES FILEUSES D'OR (PARTIE X)


X. Comment un perroquet apporta son aide au prince

Parmi tous les oiseaux au royaume étrangers
Le prince cherche dans le ciel un messager
Et sur les grands arbres aux pesantes ramures,
Attentif à leurs chants et aux moindres murmures.
Il entend causer un perroquet coloré
Avec un autre ; il dit : « Mon pays adoré
C’est la Finlande, et j’y vais nicher. Le voyage
Est long, mais paisible. Si tu as du courage
Pour le faire, eh bien ! viens avec moi dès ce soir. »
Et l’autre lui répond : « Oui, il fait déjà noir. »
« Oh ! s’écrie le prince, je vous prie d’attendre !
Je vous entends et vous pouvez aussi m’entendre,
Grâce à ciel ! Je vous prie d’aller pour moi chercher
Le sorcier de Finlande, et ne point lui cacher
L’histoire de la fille aimée et alarmée
Qui par sa mère est en nénuphar transformée. »
« Certainement, répond l’oiseau au bon cœur,
J’irai le chercher pour vous, prince, avec bonheur,
Et je satisferai à votre demande. »
Et il s’envole sans tarder pour la Finlande.
Une semaine après, le perroquet revient
Voltiger autour du pont fatal et ancien,
Et lui dit : « Mon prince, je viens et vous apporte
La réponse du magicien : pour cette sorte
D’ensorcellement, il faut que vous vous dépouilliez
De vos vêtements, et de vase vous vous souilliez,
Que vous pinciez le bout de votre nez, ensuite
Vous direz : que l’homme devienne vite
Une écrevisse. N’en soyez pas alarmé
Quand en écrevisse vous serez transformé,
Descendez prestement dans la rivière,
Que vos pinces coupent les racines altières
Du nénuphar qu’il faut emporter en courant.
A l’autre rive vous crierez tout en errant :
Que le nénuphar soit de nouveau une femme,
Pour que sa forme soit rendue à votre dame. »
Et le perroquet s’en va dans les vastes cieux
Pour voyager dans les nuages silencieux.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

dimanche 23 juillet 2017

Conte: Les fileuses d'or (Partie IX)

CONTE: LES FILEUSES D'OR (PARTIE ix)


IX. Ce que le prince apprit grâce à la grive et la pie

Le prince se remet rapidement en route,
Il n’est plus seul : avec intérêt il écoute
Les causeries des oiseaux, sur le dernier hiver,
Le vent, le printemps, les endroits les plus vers
Et mille autres choses charmantes et frivoles.
Il entend tout à coup une pie qui vole
Causer avec une grive, plein d’émotion :
« Les hommes sont bien sots, dit la pie, leurs passions
Sont aussi grandes que leur sombre bêtise.
Une vieille estropiée, cœur plein de traitrise,
A fait de sa jeune pupille au beau regard
Pour avoir fui avec un prince, un nénuphar ;
Elle raconte à tous les passants son supplice,
Combien de fois va-t-il falloir qu’elle pâlisse
Pour qu’on l’assiste enfin dans son fatal tourment ?
Nul ne peut entendre tous ses cris alarmants,
Et même son beau prince a passé près d’elle,
Et bien qu’il soit resté amoureux et fidèle,
A été aussi sot que les autres passants. »
La grive réplique : « Seul un sorcier puissant
Qui vit en Finlande, peut rendre à la belle
Changée en nénuphar, sa forme naturelle,
Et, ma foi ! si j’étais le prince, eh bien j’irais
Et partout, sans répit, toujours le chercherais. »
Le prince a entendu toutes ces paroles
Et ne veut maintenant que remplir son rôle,
Aller à la Finlande ou s’il faut en enfer
Pour briser de Léna les invisibles fers,
L’épouser et faire d’elle sa princesse
Et sauver ses deux sœurs de leur sombre hôtesse. 

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

samedi 22 juillet 2017

Conte: Les fileuses d'or (Partie VIII)

CONTE: LES FILEUSES D'OR (PARTIE VIIi)


VIII. Ce que fit l’aînée pour aider le prince à sauver sa cadette

Les deux jeunes filles qui ont vu leur mère
Lancer un funeste peloton, moins amères,
Sont persuadées que ce sort n’est pas fatal
Et qu’il n’a pas tué leur sœur tombée du cheval,
Métamorphosée sans doute en quelque chose.
En réinterrogeant le prince morose
Les deux sœurs apprennent qu’il n’a rien vu, hormis
Un petit nénuphar qui, semble-t-il, gémit.
Les belles fileuses, ravies et tremblantes,
Croient l’esprit de leur sœur captif dans cette plante,
Mais elles n’en disent rien pour le moment
Au prince, car elles ne savent point comment
L’esprit d’un être humain, plein de mille flammes,
Peut ainsi habiter une plante sans âme.
L’aînée des sœurs donne au prince à manger, le soir,
Un gâteau qu’elle a fait sans qu’il n’ait pu la voir
Et qui est composé de plantes magiques.
La nuit, il voit en songe un bois magnifique
Empli d’oiseaux dont il entend avec clarté
Le langage léger, par les airs emporté.
Le lendemain, il raconte à l’aînée son rêve.
Contente, elle lui dit : « Il suffit que s’achève
Ce jour, et vous pourrez parler sans aucun mal
La langue des oiseaux et de tout animal.
Pour qu’opérât le charme il fallait se taire,
Il sera à Léna sans doute salutaire :
Ne vous courroucez pas, je vous ai fait manger
Un gâteau composé de plantes sans danger
Et qui sont magiques. Remettez-vous en route,
Revenez à la rivière et soyez à l’écoute,
Mais quand vous sauverez Léna, n’oubliez pas
De nous sauver, ma sœur et moi, du même pas. »  

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 21 juillet 2017

Conte: Les fileuses d'or (Partie VII)

CONTE: LES FILEUSES D'OR (PARTIE ViI)


VII. Comment le prince rencontra de nouveau les sœurs de Léna

Assailli de souvenirs, le prince va un jour
A la rivière où se sont noyées ses amours.
Un an s’est écoulé, mais l’année suivante
La douleur de son cœur est toujours vivante ;
Quand il revoit soudain le pont traître et fatal
Où Léna est morte à cause de son cheval,
Ses larmes sur ses joues tombent tout comme elle.
Tout à coup une voix mélodieuse et belle
Chante : « Ma marâtre m’a jetée dans les flots,
Vainement je m’agite dans le tombeau de l’eau. »
Le prince est très surpris, descend de sa monture,
Cherchant d’où la voix vient. La seule créature
Qu’il aperçoit est un nénuphar balancé
Par le vent et les flots ; il en vient à penser
Rendre visite aux sœurs de la belle fileuse
Afin de comprendre la chose fabuleuse.
Sans peine il retrouve, même après l’an passé,
Le vieux sentier où l’herbe et les fleurs ont poussé.
Alors que sous un vieux sapin il se repose,
Il voit l’aînée des trois fileuses aux joues roses
Puiser de l’eau. Elle le reconnaît et vient
Lui demander si sa sœur Léna va bien
En lui tendant la main. Par bonheur, la marâtre
Est en voyage, et il n’a rien à combattre ;
Le prince va causer en paix avec les sœurs
Et leur raconte avec une grande douceur
Et avec tristesse, l’accident funeste,
Comment Léna tomba. « Plus rien ne me reste,
Maintenant, ajoute le prince en soupirant,
Le destin m’a tout pris, et jamais il ne rend
Aux mortels qu’il fait mendier ce qu’il leur vole,
Et dans leur misère jamais ne les console. »
Et il leur raconte comment, au même endroit,
Il a entendu la voix de Léna, il croit.

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Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 19 juillet 2017

Conte: Les fileuses d'or (Partie VI)

CONTE: LES FILEUSES D'OR (PARTIE Vi)


VI. Ce qui arriva à Léna s’enfuyant avec le prince

A midi, les jeunes amoureux qui errent
Arrivent au bord d’une vaste rivière
Avec leur escorte, et le pont est si étroit
Qu’ils le traversent l’un après l’autre, bien droits
Sur leurs chevaux : le prince est le premier qui passe,
Léna est derrière lui, son regard l’embrasse,
Après avoir franchi de ce pont la moitié,
Son cheval se cabre tout à coup, terrifié
D’on ne sait quoi, d’un spectre ou peut-être un mirage,
Et il hennit avec une si grande rage
Que la frêle Léna en jetant un grand cri
Tombe dans la rivière où le prince surpris
Veut se jeter aussi pour sauver sa princesse.
Ses gardes, toutefois, empêchant sa hardiesse,
De toute leur force le retiennent, disant
Que l’eau est très profonde et les flots épuisants,
Et que s’il s’y jette il en périra sans doute.
Sur un autre cheval il poursuit sa route,
Abattu, presque mort de chagrin, éploré,
Ne pouvant plus revoir le visage adoré
De la belle Léna qu’ont épousée les ondes
Engloutie par une eau moins fatale et profonde
Que sa noire tristesse et ses tourments amers
Plus profonds que toutes les rivières et mers.
Le roi, voyant son fils que l’amour tourmente
Soudain atteint d’une maladie alarmante,
Appelle les médecins ; bien qu’ils soient érudits
Ils ne comprennent rien à son mal : l’un lui dit
Que le prince est charmé, l’autre accuse la bile.
Le plus docte, le plus modeste et habile,
Lui dit fort simplement qu’il devrait obliger
A sortir tous les jours l’amoureux affligé
Dont quelque temps après l’état s’améliore
Sans qu’il n’ait oublié sa belle qu’il adore.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 18 juillet 2017

Conte: Les fileuses d'or (Partie V)

CONTE: LES FILEUSES D'OR (PARTIE V)


V. Le retour du prince

Le soir venu, Léna qui attend et s’inquiète,
Entend un croassement au-dessus de sa tête :
C’est le brave corbeau, c’est son plumage noir !
A-t-il prévenu le prince ? A-t-il fait son devoir ?
Léna s’approche et voit que l’oiseau fidèle
Sur son sapin remue joyeusement ses ailes.
Il lui dit : « Ma mission est accomplie. J’allais,
Après des recherches vaines, loin du palais
M’envoler, quand je vis un jardinier honnête
Qui parle comme vous le langage des bêtes
Car son père, me dit-il, est un magicien
Qui sait tous les parlers et langages anciens.
Le prince répondit : que ma douce princesse
Soit sans inquiétude, je n’ai point la bassesse
De trahir un serment, elle est mon seul amour
Et je reviendrai pour la prendre dans neuf jours. »
Léna attend avec la même inquiétude
En tremblant vaguement dans sa solitude
De sa vieille marâtre et des spectres errants.
Neufs jours passés, au vieux sentier elle se rend :
Comme un soldat elle craint une embuscade,
Elle guette, elle écoute : une cavalcade !
C’est son prince chéri, de la revoir heureux,
Qui la prend promptement dans ses bras vigoureux
Et la met aussitôt sur son cheval rapide.
De temps en temps, pour voir ses deux yeux limpides
Il se retourne vers elle et lui dit doucement
Des mots d’amour qui semblent un lointain bruissement
De vent, ou de beaux chants d’oiseaux en extase
Qui disent dans le ciel de printanières phrases.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

lundi 17 juillet 2017

Conte: Les fileuses d'or (Partie IV)

CONTE: LES FILEUSES D'OR (PARTIE iv)


IV. Ce que fit Léna pour protéger le prince de la fureur de sa vieille marâtre

La vieille sorcière crie mille imprécations,
Jure qu’elle sera sans nulle compassion
Pour ce chasseur, qu’elle lui coupera la tête
Et donnera son corps à manger aux bêtes.
Léna baisse la tête et l’écoute en tremblant
Pour les jours de son prince, et en faisant semblant
Toutefois de prendre la chose à la légère
Pour ne pas courroucer l’horrible mégère.
Mais comment prévenir le prince du danger ?
Le parler des oiseaux n’est point étranger
A Léna, elle l’a appris dans son enfance.
A l’aube, à l’heure où la forêt dort sans défense,
Ainsi que sa marâtre et ses deux pauvres sœurs,
Léna, sous un sapin, murmure avec douceur
A un corbeau : « Brave oiseau, savant aède,
Pourriez-vous, s’il vous plaît, me venir en aide ? 
Je suis une pauvre fille au cœur bien amer
Et qui perdra, sans vous, ce qu’elle a de plus cher. »
« Que voulez-vous » ? Léna lui raconte à voix basse
Tout ce qui s’est passé et tout ce qui se passe,
Lui dit que le prince, s’il n’est pas prévenu,
Va certainement mourir, d’un air si ingénu,
D’une voix tellement suppliante et tendre,
Que le sombre corbeau, ému de l’entendre,
Lui promet de l’aider, ajoutant cependant :
« Il faut que je trouve un être humain entendant
Le parler des oiseaux, dans la capitale. »
Et déploie, pour quitter sa forêt natale,
Ses deux ailes noires avec beaucoup d’ardeur,
S’envolant dans le ciel comme une douce odeur.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

dimanche 16 juillet 2017

Conte: Les fileuses d'or (Partie III)

CONTE: LES FILEUSES D'OR (PARTIE IIi)


III. La promesse que le jeune prince fit à Léna, et le retour de la vieille femme

Ne voyant pas revenir leur prince, avec gêne,
Après plusieurs heures de recherches vaines,
Les chasseurs annoncent au roi sa disparition.
A tout un régiment il confie la mission
De trouver son seul fils ou de briser ses chaînes
S’il est retenu captif par une force humaine
Ou surhumaine, et il promet à son sauveur
De devenir de toute son armée commandeur.
Les courageux soldats pendant deux jours errent
Et au troisième voient, imprimés sur la terre
Des pas d’hommes, qui les conduisent en peu de temps
A la cabane des fileuses où, contents,
Ils trouvent leur prince dont ils craignent la perte,
Et qui est bien captif, mais d’autres fers, certes,
Et aimerait rester dans sa douce prison.
A Léna aux grands yeux clairs comme l’horizon
Quand il fait beau, le prince épris fait la promesse
Qu’elle sera bientôt sa seule princesse,
Qu’il viendra la prendre et s’il le faut l’enlever.
« Avant, ma princesse, de venir vous sauver
Des griffes de votre marâtre tyrannique,
Il faut préparer un mariage magnifique.
Grâce à vous je suis le plus heureux des humains. »
Lui murmure le prince en embrassant sa main.
Il part. Léna reprend son rouet et découvre
Que son fil est cassé. Elle essaie, la pauvre,
De le réparer ; en vain. Elle entend du bruit :
La vieille femme arrive, et ses yeux sont instruits
Qu’il est arrivé des choses en son absence.
Elle interroge avec une grande violence
Les trois fileuses d’or, et à la fin apprend
Tout ce qui s’est passé, et qu’un chasseur errant
A trouvé le chemin qu’elle a cru introuvable
De sa cabane noire au toit misérable.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène