Poèmes publiés aujourd'hui: 1027

lundi 18 septembre 2017

Conte: Le frère et la sœur (Partie II)

 CONTE: LE FRÈRE ET LA SŒUR (PARTIE Ii)



II. Ce qui arriva au frère d’Ebba dans la forêt

Près de la première source, pure et impure,
Ebba entend une voix qui lui murmure :
« Celui qui me boira en lion sera changé. »
« Cette eau mettra ma vie certainement en danger,
S’écrie-t-elle, n’y mets pas seulement ta bouche
Ou tu seras changé en un lion farouche
Et tu me mangeras pour assouvir ta faim. »
Les deux frères marchent dans la forêt sans fin
Et trouvent une autre source aux eaux transparentes.
Elle entend murmurer une voix différente :
« Celui qui me boira sera changé en loup. »
« Ah ! pour ta petite sœur qui t’aime beaucoup,
S’écrie-t-elle encore, de cette eau perfide
Ne bois pas, ou ma mort en sera rapide ! »
Malgré sa grande soif, son frère n’en boit point.
Une autre source est de la deuxième non loin,
Qui coule doucement, fraîche comme un hiver,
En caressant avec son doigt blanc les bois verts.
La source murmure : « Celui qui me va boire
Sera transformé en chevreuil. » Ebba s’effare
Et elle s’écrie : « Ah ! cher frère, de cette eau
Ne bois pas, ou tu seras changé aussitôt
En chevreuil, et tu me laisseras toute seule. »
Le frère aime sa sœur et il pense à elle
Mais il a vraiment soif ! Ebba voit en tremblant
Apparaître à sa place un joli chevreuil blanc.
De le voir transformé sa sœur gémit et pleure
Et lui dit : « Nous trouverons une douce demeure,
Tous les jours, mon frère, je m’occuperai de toi,
Nous nous endormirons sous son petit toit. » 

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 14 septembre 2017

Conte: Le frère et la sœur (Partie I)

CONTE: le frère et la SŒUR (PARTIE I)

I. La fuite d’Ebba et de son frère

Un frère dit, un jour, à sa gentille sœur :
« Notre belle-mère nous traite sans douceur,
Nous bat et nous rudoie, jamais ne nous supporte.
Depuis le sombre jour où notre mère est morte,
Nous sommes malheureux, et tels des chiens impurs
Nourris uniquement de croûtes de pain dur
Et de nauséabonds et ignobles restes.
Qui sait ce que cette femme qui nous déteste
Nous fera ? Je t’en prie, sœur, quittons la maison. »
La sœur, Ebba, répond : « Frère, tu as raison. »
Ils s’en vont tous les deux et quittent leur demeure.
La pluie tombe, Ebba dit : « Comme nous le ciel pleure. »
Ils arrivent à une grande forêt, le soir,
Avec la seule envie de manger et s’asseoir.
Dans le creux d’un arbre rapidement ils s’endorment
Et bientôt leurs petits yeux fatigués se ferment,
Et tous les deux rêvent d’un délicieux festin.
« J’ai très soif ! dit le frère à sa sœur, le matin.
J’entends le bruissement d’une source pure,
Je ne supporte plus cette soif que j’endure,
Il faut que nous allions, chère sœur, la chercher. »
Dans la grande forêt ils se mettent à marcher
Et trouvent une source limpide et ancienne.
Or leur belle-mère, puissante magicienne,
Qui les avait suivis, avait ensorcelé
Les eaux de la forêt où ils étaient allés :
Chaque source, à cause de ses maléfices,
Infligeait aux êtres humains le supplice
De métamorphoser tout buveur qui s’y rend
Chacune à l’instant en animal différent.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 12 septembre 2017

Conte: Jack (Partie IX)

CONTE: JACK (PARTIE ix)


IX. Le géant Galiganters

Jack, après cette victoire et cette défaite,
Reste avec ses amis deux nuits et fait la fête,
Puis se remet en marche, allant par monts et vaux
Et fatiguant dans son voyage maints chevaux.
Près de la cabane d’un vénérable ermite
Il s’arrête, le soir ; il frappe et on l’invite :
« Mon humble logis est le vôtre, mon ami,
Lui dit l’ermite, ce que par terre j’ai mis
Vous appartient, et est votre nourriture. »
Bien qu’il soit très pauvre, l’ermite à l’âme pure
Lui donne avec bonté à boire et à manger,
Puis dit : « Vous ne m’êtes pas, jeune homme, étranger.
Vous êtes le champion dont on parle, sans doute.
Puisque le hasard vous a mis sur cette route,
Sachez qu’il y a, sur la montagne près d’ici,
Un géant qui a fait conter de noirs récits,
Nommé Galiganters. Dans sa sombre demeure,
Des femmes, des vieillards et des enfants meurent,
Il est aidé par un infâme magicien
Qui sait tous les charmes et tous les sorts anciens
Et qui change pour lui ses pauvres victimes
En animaux. » « Il ne commettra plus ces crimes,
Répond le vaillant Jack, et je vais le châtier. »
« Sachez, mon bon fils, que ce monstre est sans pitié,
Reprend l’ermite, il a ravi la douce fille
D’un duc, qui est aussi toute sa famille.
Maints braves ont tenté d’aller la délivrer
Et n’ont pas réussi, car ce monstre abhorré
Fait garder son château par deux dragons énormes
Qui crachent du feu. C’est sa plus dangereuse arme,
Et j’espère, mon fils, que vous triompherez. »
« Demain matin, dit Jack, je les affronterai. »
Le lendemain il va gravir la montagne
Et trouve le château, aussi désert qu’un bagne,
Puis grâce à sa jaquette il passe inaperçu
Et trouve une corne en or, et ses mots dessus :
« Celui qui sonnera de moi, à lui la gloire ! »
Jack le fait, et une grande nuée noire
Emporte violemment dans ses serres d’acier
Le géant, les dragons ainsi que le sorcier.
Jack sauve la fille du duc, belle et frêle,
Les autres reprennent leur forme naturelle,
Le duc lui accorde de sa fille la main,
Et il continue à libérer les humains
Des monstres effrayants et des géants funestes,
Si bien que de nos jours aucun d’eux ne reste.

[FIN DU CONTE: JACK]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 10 septembre 2017

Conte: Jack (Partie VIII)

CONTE: JACK (PARTIE VIIi)


VIII. Le retour de Jack au château, et l’arrivée du géant Hundel

Comme il lui a promis Jack va chez le châtelain
Qui l’attendait, inquiet et le cœur d’effroi plein.
Il l’accueille comme un roi et un fils, ensuite
A un vaste banquet cordialement l’invite,
Mais alors qu’on festoie, que l’on mange et l’on boit,
On entend un bruit fort, et un vieux garde voit
Un grand géant venir pour le téméraire
Qui a osé tuer son bien-aimé frère.
Aux portes du palais il crie : « Je suis Hundel,
Je viens ici tuer le couard de mortel
Qui a tué mon frère, et j’aurai ma vengeance. »
« Je vais exterminer cette vile engeance
Jusqu’au dernier, dit Jack. Laissez-le donc entrer. »
Le géant entre et crie : « Tu seras éventré
Petit mortel ! Montre-toi à ma colère !
Avec tes maudits os demain je vais faire
Du pain, et j’inviterai à un bien bon festin
Tous les miens, pour manger tes jolis intestins. »
Jack vient, l’épée en main. « Je t’entends me maudire,
Dit-il au géant, et tu m’as bien fait rire ! »
« C’est toi, misérable ! Tu vas bientôt mourir. »
« Bien, mais pour me tuer tu dois me saisir. »
Et Jack met ses souliers et court comme une onde
Qu’agite dans la mer la tempête qui gronde.
Le géant le poursuit, or Jack a eu l’avis
D’ordonner de scier, avant, le pont-levis.
Le géant y arrive, et le pont sous lui croule ;
Il tombe dans le gouffre avec un bruit de houle
Sur les pierres pointues, écrasé et hagard,
La mort assombrissant son farouche regard.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 7 septembre 2017

Conte: Jack (Partie VII)

CONTE: JACK (PARTIE ViI)


VII. Jack triomphant du frère du géant

« Oh ! non ! s’écrie le bon châtelain, n’y allez pas !
Vous courez, ô héros, à votre trépas !
Le frère du géant, colosse épouvantable,
Deux fois plus grand que lui, est plus redoutable.
Son repaire est au pied de la montagne, il prend
Ses victimes et les égorge et les surprend ;
Il a tué beaucoup d’humains, s’il s’empare
De vous, ce sera un grand malheur qui m’effare ! »
« Ne craignez rien, dit Jack, je ferai mon devoir,
J’irai à son repaire et rentrerai vous voir. »
Au pied de la montagne il aperçoit la bête :
C’est un effroyable géant dont la tête
Est pareille à celle d’un grand sanglier,
Sa barbe est énorme et blanche, sans oublier
Ses yeux, aussi rouges qu’une mare sanglante.
Avec la jaquette Jack sans épouvante
S’approche du géant et lui coupe le nez,
Et le monstre rugit, furieux et étonné ;
Jack monte sur un roc et vaillamment lui plante
Son épée dans le dos sans aucune épouvante
Puis va pour libérer de leurs chaînes d’airain
Ses prisonniers dans leur noir cachot souterrain.
« Une autre âme perdue ! gémissent les victimes,
C’est la mort qui t’attend, fuis ce cachot du crime ! »
« Non, je ne fuirai pas, répond Jack le vaillant,
Vous ne craignez plus rien, j’ai tué le géant.
Parlez de moi au roi Arthur, le bon, le juste,
Et dites-lui que d’un trépas sombre et injuste
Je vous ai tous sauvés. » Les pauvres prisonniers
Qui croyaient que chaque jour était leur dernier,
Le lui promettent avec joie, et sans y croire
Quittent tous ensemble cette prison noire.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 3 septembre 2017

Conte: Jack (Partie VI)

CONTE: JACK (PARTIE Vi)


VI. Comment Jack sauva la princesse et d’autres victimes innocentes

Les deux aventuriers arrivent, sous la lune,
Au château où gémit de son infortune
La princesse ravie par le noir magicien
Qui les reçoit avec grâce, comme les siens.
Elle disparaît tout à coup ; Jack, sans panique,
Découvre, à l’aide de son bonnet magique,
Qu’elle est dans la forêt et subit le pouvoir
Du magicien qu’aucun homme ne peut voir.
Il met rapidement sa magique jaquette,
Poursuit le magicien, et lui coupe la tête.
La princesse, sauvée de la mort par deux preux,
Epouse avec bonheur son chevalier heureux ;
Jack assiste aux noces, magnifiques sans doute,
Et comblé de présents se remet en route,
Allant le matin et le soir, par monts, par vaux,
A la recherche des géants et des travaux.

Le lendemain, il entend des cris de détresse
Dans une forêt, court bravement et sans paresse
Et il voit – spectacle terrible et effrayant –
Un homme et sa femme qu’un sinistre géant
Traine par les cheveux avec grande violence.
Jack, par sa jaquette bien caché, s’élance
Vers le monstre et le tue. Les captifs délivrés
De l’horrible étreinte du géant abhorré,
Remercient leur sauveur, à leur château l’invitent.
Jack leur répond qu’il faut qu’il aille au plus vite
Voir la demeure du géant, pour vérifier
S’il y a d’autres comme lui qu’il voudrait tuer,
Et leur explique que de leur race immonde
Il a fait le serment de libérer le monde.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

samedi 2 septembre 2017

Conte: Jack (Partie V)

CONTE: JACK (PARTIE V)


V. La ruse de Jack pour vaincre le géant, et sa mission suivante

« Quel gaillard ! s’étonne le géant, ce petit
A reçu tous mes coups sans les avoir sentis !
Des frôlements de souris ! De quoi est fait ce diable ? »
Pour éprouver sa force, il met sur la table
Deux énormes vases de soupe chaude pleins,
Et lui dit : « Mange avec moi. » Mais Jack, plus malin,
Sait qu’il ne peut goûter à cette nourriture,
Sous son vêtement lie un sac dont l’ouverture
Est bien dissimulée sous son menton, puis prend
Son grand vase et l’y verse, et le géant comprend
Qu’il a tout englouti plus vite que lui-même.
Encore une fois sa surprise est suprême,
Jack lui dit : « Vous allez être encore étonné ! 
Car sans vous offenser – que je sois pardonné,
Vous êtes un fort bon hôte et vous savez plaire –
Je fais une chose que vous ne pouvez faire. »
« Quoi donc ? » « Je puis, sans qu’il ne m’arrive aucun mal,
Avaler mon poignard acéré et fatal. »
Et dans le sac plonge l’arme étincelante.
« Ah, s’écrie le géant, vermine insolente !
Cela se croit plus fort moi ! » Et stupidement
Avale son poignard et en meurt rapidement
En poussant un grand cri de douleur et de rage
Qui semble un rugissement de bête ou d’orage.
Jack prend tous ses trésors aux magiques pouvoirs
Et voyage deux jours sans entendre ni voir
D’autres géants, cherchant partout et sans cesse.
Il trouve un chevalier qui cherche une princesse
Dans la forêt, et veut l’aider à libérer
La belle des fers d’un magicien abhorré.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 30 août 2017

Conte: Jack (Partie IV)

CONTE: JACK (PARTIE iv)


IV. Jack et le géant qui dévore ses hôtes

Jack dit au terrible géant d’un ton modeste :
« Je voyage, aucune provision ne me reste,
Pauvre et las de marcher depuis le matin. »
Et le fourbe géant répond : « C’est le destin
Qui vous conduit ici. Avec joie j’abrite
Les voyageurs dans la maison que j’habite
Et qui est la maison de tous les fatigués. »
Et le géant lui montre un sourire très gai
Derrière lequel il voit ses dents très acérées.
Il lui prépare un bon souper, est préparée
Aussi pour lui une chambre avec un bon lit.
Le géant, la nuit, pour commettre son délit,
Rôde dans la maison, armé de sa massue,
De féroces idées dans son esprit conçues.
Jack est éveillé et le géant croit qu’il dort,
Il l’entend murmurer dans le noir corridor :
« Dors, petit homme, dors et fais de beaux rêves,
Il dort bien, celui que ma massue achève. »
Jack cherche un moyen pour survivre, et il voit
Non loin de lui, une grosse pièce de bois
Qu’il cache soigneusement sous sa couverture.
Il réfléchit un peu ; après cette imposture,
Lui-même se cache ensuite sous le lit. Le géant
Vient sans bruit et frappe plusieurs coups effrayants
Sur le morceau de bois, et croit avoir sans faute
Assommé pendant son sommeil son pauvre hôte.
Jugez de sa surprise en voyant son repas
Le matin, bien vivant et marchant sur deux pas.
« Avez-vous bien dormi ? », demande-t-il. « Sans doute !
Et grâce à vous j’oublie les affres de la route. »
« Avez-vous entendu du bruit ? » « Non mais, ma foi !
Des rats avec leurs queues sont venus plusieurs fois,
Alors que je dormais, me frôler le visage,
Et vous seriez de les exterminer bien sage. » 

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène